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Nov

Violence against women article photo

Tous les ans à cette date (25 novembre) et ce depuis plus de 20 ans, le monde célèbre la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes. Selon les chiffres de l’ONU une femme sur trois dans le monde est victime de la violence physique ou sexuelle.

A Maurice, depuis janvier 2015 à ce jour,  2 375 cas de violence domestique ont été rapportés à la police. Le Family Support Bureau en a, lui, enregistré 3 534 pour la même période. Ces chiffres ont été communiqués, par la ministre de  l’Egalité des genres, Aurore Perraud, au Parlement le 24 novembre 2015. La ministre a annoncé des amendements à la loi et des peines plus sévères pour combattre la violence domestique et aussi pour mieux encadrer les victimes.

« Des changements doivent être apportés. Mon ministère est d’ailleurs en consultation avec l’Attorney General. Toute forme de violence domestique sera criminalisée.», a-t-elle dit. Une démarche fort louable que j’espère se concrétisera dans la réalité.

Cependant, le mal est plus profond que nous le croyons. Introduire des peines plus sévères ne suffira malheureusement pas à éradiquer voire décourager toutes les formes de violence (émotionnelle, physique et sexuelle) à l’encontre de la femme. Nous vivons aujourd’hui dans une société où les valeurs humaines s’amenuisent et le respect de l’autrui devient de plus en plus qu’un vain mot.

Les lois plus sévères oui ! Mais nous devons aussi agir ensemble pour protéger les valeurs qui nous été léguées par nos aînés et nous assurer qu’elles sont transmises à la jeune génération. Ces valeurs qui nous guident souvent dans nos actions.

La ministre a aussi annoncé qu’une étude sera entreprise dans un proche avenir pour mesurer les causes et les conséquences des différentes formes de violence domestique sur l’économie du pays. Nous n’avons pas nécessairement besoin d’étude pour voir qu’une des causes de la violence est l’extrême pauvreté dans laquelle vivent de nombreuses familles mauriciennes.

Ce dont nous avons besoin, c’est un plan d’aide et d’accompagnement pour permettre à ces familles de sortir de la situation précaire dans laquelle elles se trouvent. Les entreprises privées à travers le CSR et avec l’aide des ONG font beaucoup pour aider ces familles. Mais, il est surtout du devoir du gouvernement d’assurer que chacun de ses citoyens a une chance égale de pouvoir vivre dans la dignité.

Si nous arrivons à éliminer l’extrême pauvreté, ce sera alors un grand pas en avant dans la lutte contre la violence à l’égard de la femme et ceci contribuera certainement à diminuer les conséquences sur l’économie du pays. A bon entendeur, je vous salue !

- Neeta Persand

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